Né à Bayeux le 3 octobre 1901, fils d’un ingénieur des chemins de fer, Jean Grémillon fait ses études au lycée de Brest et passe le baccalauréat. Passionné de musique, il étudie en cachette l’harmonie, puis vient à Paris où l’accueillent Vincent d’Indy et la Schola Cantorum. Pour vivre, il joue du violon dans les petits orchestres qui accompagnent les films muets au Parisiana, au Max Linder, au Palais des glaces.
C’est après le service militaire qu’il
devient d’abord titreur de films, puis réalisateur de documentaires.
En 1923, il réalise son premier court métrage, Chartres.
Durant les années suivantes, il tourne de nombreux documentaires,
sur des sujets aussi divers que La Bière ou L’éducation
professionnelle des conducteurs de tramway. A partir des images et mouvements
ainsi filmés, il réalise un film de montage, Photogénie
industrielle, sorte de poème visuel. Puis Tour au large, plutôt
que documentaire, film de « marines impressionnistes » dont
il a composé la musique. Il tournera encore de nombreux courts métrages,
tout au long de sa vie professionnelle, mais en
1927, c’est Maldone avec Charles Dullin 1928 : Gardiens de phare 1930 : La petite Lise 1931 : Dainah la métisse 1932 : Pour un sou d’amour 1934 : La Dolorosa 1935 : La valse royale 1936 : Pattes de mouche 1937 : Gueule d’amour 1938 : L’Etrange Monsieur Victor 1941 : Remorques 1942 : Lumière d’été 1943 : Le ciel est à vous 1948 : Pattes blanches 1951 : L’étrange Madame X 1953 : L’amour d’une femme
Mais après 1945, Jean Grémillon rencontre de multiples difficultés. Nombre de ses projets sont refusés. Le 6 juin à l’aube sera exploité dans une version tronquée. Commandé, puis décommandé après 14 mois de préparation par le Ministère de l’Education Nationale, Le Printemps de la Liberté sera radiodiffusé, édité , représenté à l’italienne, mais… jamais tourné !
Jean Grémillon meurt le 25 novembre 1959, quelques heures après Gérard Philipe, si bien qu’on ne parle guère de la mort du cinéaste.